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Equipe pilotée, équipe autonome, équipe libérée

Equipe d’urgence, de travail, de sport ou de direction, les formes et les missions d’équipe sont multiples. Néanmoins aussi différentes soient-elles, toutes utilisent les mêmes ressorts : cohésion humaine, focalisation opérationnelle, mobilisation réciproque des équipiers, unité d’action, identité de normes, etc.

Quant aux responsabilités qui leur incombent, elles sont nombreuses. Plus d’une bonne douzaine !  Le rendement, la qualité, la sécurité, la cohésion, l’harmonie, l’efficacité du collectif, le planning, la qualité de vie, l’organisation, la conduite des réunions, l’ambiance, l’approvisionnement, la relation client, etc.

Si responsabilités et composants sont les mêmes pour toutes malgré les différences de mission, leurs fonctionnements diffèrent de par la distribution de ces responsabilités.  Dans certaines cela relève du pilotage, dans d’autres du commandement et dans d’autres encore de l’autonomie.

Une équipe pilotée suit un responsable reconnu pour sa compétence. Il représente à la fois l’équipe, le projet et l’entreprise. Au sein de l’équipe, chacun a sa responsabilité opératoire et peut se voir confier une responsabilité portant sur le fonctionnement interne. Un telle équipe repose sur le sens de la responsabilité de chacun ; elle est soudée par la solidarité autour d’un projet et par l’enjeu qu’il constitue pour l’entreprise. Tel est le cas des équipes projet.

Une équipe commandée répond à un chef nommé par l’institution. Il utilise un des modèles de management, plus ou moins directif, sachant que chaque modèle produit différents effets en termes de responsabilisation, d’initiative, de mobilisation, d’obéissance et de résultats.  Ce chef assume la majorité des responsabilités tout en en délégant parfois une partie.  Cela constitue la majorité des fonctionnements d’équipe au sein des organisations.

Mais certaines équipes peuvent se passer de chef ! Une équipe semi-autonome est souvent une équipe postée dont le travail est dicté par la nature du poste et rythmée par la cadence d’une production répétitive. Elle se distingue des deux précédentes en ce qu’une partie des responsabilités est y distribuée.  Elle prend en charge la productivité, la qualité, la sécurité, la représentation de l’équipe auprès de l’entreprise et les réunions sont conduites par un collaborateur formé à cette animation.  Toute la partie du management des hommes relève directement des ressources humaines (recrutement, rémunération, carrière, etc.).

Dans quelques entreprises apparaissent actuellement des équipes dites libérées.  Dans ce cas, la totalité des responsabilités est distribuée entre les membres qui s’organisent ensemble, à la différence des équipes semi-autonomes qui fonctionnent sur un périmètre réduit. Un collaborateur veille au rendement global, l’autre au planning. Un troisième à la qualité ou à la relation client. Et tous se tiennent coresponsables de l’harmonie et peuvent se le rappeler réciproquement. Il s’agit d’un collectif qui fonctionne comme une mini entreprise comme cela peut être le cas chez Favi ou Chrono Flex.

L’expérience de ces entreprises qui ont franchi le pas montre qu’il faut y ajouter une fonction pour représenter l’équipe au sein de l’entreprise et veiller à la qualité du collectif. L’un d’entre eux, Team Leader pour une durée déterminée et sans relation hiérarchique, assume le rôle de référent d’équipe, parfois distinct du rôle d’animation des réunions. Il veille essentiellement à la qualité du fonctionnement collectif. En fait dans ces équipes, il s’agit de mettre l’intelligence collective non seulement au service de la production mais aussi à celui du fonctionnement.

Ecoutons que dit Alexandre Gérard,[1] patron de Chrono Flex au sujet du Team Leader : “En aucun cas un chef, il effectue les mêmes tâches que ses équipiers, n’a aucun ordre à leur donner. Son rôle est d’animer le groupe afin que l’équipe collectivement réalise la meilleure performance au service de la vision, dans le respect des valeurs de l’entreprise, en y prenant plaisir. “

[1] Le patron qui ne voulait plus être chef, Alexandre Gérard. Flammarion 2017